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DUEL MACRON LE PEN

Si Nicolas Sarkozy n'est pas réélu, l'UMP éclatara.



Le Temps 28 janvier 2012

http://www.huffingtonpost.fr/dominique-paille/duel-macron-le-pen_a_22066706/

 

En janvier 2012, dans un roman d’anticipation publié chez Grasset sous le titre « Panique à l’Élysée », je relatais le second tour de la présidentielle de mai sous la forme d’un duel entre François Bayrou et Marine Le Pen, duel gagné par le premier cité.

 

Ce scénario m’était apparu tout à fait crédible pour de multiples raisons.

 

Le rejet des deux parties classiques de gouvernement me semblait très fort. Dans ce cadre Marine Le Pen n’était pas totalement assimilée à son père et donc n’avait pas à porter le passif de l’héritage. Elle apparaissait neuve, non responsable des affaires touchant le Front National et de ce fait, voter pour elle, pour exprimer un vote de colère, de rejet du système bipartisan ayant conduit à l’inefficacité politique, n’était pas perçu par de nombreux électeurs comme un acte antirépublicain.

 

François Bayrou, quant à lui, fort de sa crédibilité obtenue lors du scrutin de 2007, était resté depuis lors sur son Aventin, en retrait de la vie politique et pouvait apparaitre crédible dans ce rôle du leader de la troisième voie. Et cela d’autant plus qu’il n’avait pas choisi au second tour de la présidentielle précédente. Si j’avais, à cette époque, l’intime conviction que pour Nicolas Sarkozy, la réélection était impossible, trop à droite dans son discours, trop clivant dans son comportement, j’avais sous-estimé, à la fois l’amnésie collective de nos concitoyens qui avaient oubliés les bilans négatifs des gouvernements socialistes antérieurs et la force du discours de gauche de François Hollande, notamment lorsqu’il a prononcé « mon ennemi c’est la finance ».

 

Dans la majorité sortante l’instinct de conservation a permis de maintenir une certaine union derrière un chef charismatique et dynamique dont personne dans son camp ne contestait le leadership. Dans l’opposition, l’esprit de conquête et la soif de revanche ont effacé les clivages profonds qui la traversaient. L’élection de François Hollande et sa campagne réussie ont gommé, le temps de quelques semaines, les incompatibilités idéologiques entre la gauche marxiste et les socio-démocrates.

 

De plus, les sujets les plus fracturant comme l’avenir de l’Europe, la sortie de l’Euro etc. …n’étaient pas au cœur du débat et ce, notamment parce que l’environnement international n’avait pas été bouleversé : pas de Trump à l’horizon, mais Obama conforté, pas de Brexit envisagé…

 

Réessayer une dernière fois, une « alternance » classique, dans ce contexte, a donc été le choix des Français. Le combat entre une solution alternative radicale incarnée par Marine Le Pen et un rassemblement européaniste central autour de François Bayrou n’a donc pas eu lieu.

 

Depuis le Front National a conquis des mairies, s’est affirmé dans l’opposition dans un nombre de régions. Marine Le Pen s’est en partie, avec succès, débarrassée de ses oripeaux les plus encombrants du parti de son Père et de son père lui-même ! Elle a démontré une véritable volonté d’accéder au pouvoir et a mis en œuvre une stratégie d’alliance électorale conforme aux obligations de la VIème République pour tenter de franchir la barre des 50%.

 

Mais surtout l’éclatement des deux partis de gouvernement qui n’ont pu maintenir l’unité en leur sein compte tenu du fossé toujours plus grand séparant dans chaque camp, progressistes réformateurs et défenseurs de l’orthodoxie idéologique, a permis l’émergence d’une troisième voie, base de recomposition probable de la vie politique nationale. S’est ajouté pour l’avènement de cette situation inédite, la sagesse de François Bayrou renonçant à une quatrième candidature et le flair et le sens de l’opportunité d’Emmanuel Macron armé de sa jeunesse et d’un bref mais significatif parcours politique réussi.

Nous vivons donc aujourd’hui ce qui n’était pas encore mûr en 2012, un reclassement durable sur l’échiquier, repoussant aux extrêmes, gauche et droite, les oppositions au détriment des anciens partis PS et LR héritier du RPR. C’est l’avènement de cette force centrale, européenne et réformatrice qui pourrait rassembler deux français sur trois comme le pensait Valerie Giscard d’Estaing… il y a quarante ans

L’intelligence et le talent d’Emmanuel Macron sont capables de réussir ce pari, rêve de nombreux démocrates, républicains de bon sens. Il y a cependant après l’élection présidentielle des conditions à remplir pour le futur Chef de l’État : assurer un fort renouvellement des hommes et des femmes du monde politique, mettre en œuvre les réformes avec une véritable pédagogie, assurer dans un pays ou le principe d’égalité est la seule référence massivement revendiquée, un partage équitable des fruits de la croissance aujourd’hui annoncée. Pari possible mais pas gagné.

Conférence de presse de Hollande : un exercice réussi

La fracture est trop nette entre Fillon, républicain et légaliste et Copé, le butor populiste
La situation dans laquelle se trouve l’UMP est l’héritage de Nicolas Sarkozy. Il s’est dispensé de trancher une ligne idéologique. Il est parvenu à faire sur sa personne, la synthèse du populisme et de la droite réellement républicaine. Son départ a mis au jour l’existence de ces deux familles politiques au sein même du parti. Les résultats du vote, vraisemblablement amplifiés par les manœuvres et magouilles du candidat Copé, rendent cette fracture visible.
Sans tentative d’union des deux camps, dans les heures qui viennent, la rupture sera définitivement consommée. Sur le fond, la cassure est très nette entre un François Fillon républicain, légaliste, tenant d’une droite certes un peu conservatrice mais tolérante et ouverte, et un butor, Copé, qui n’a d’autre ambition que celle de créer autour de lui une force importante quitte à passer par le populisme, flirter avec le Front national et bien plus encore. L’UMP doit avoir une autre ligne, plus claire, plus consensuelle, plus rassembleuse.
Nicolas Sarkozy est sans doute le seul à pouvoir tenter quelque chose pour maintenir l’unité. Or, il n’est pas aujourd’hui en capacité de revenir. Il n’y a pas d’appétit féroce de le voir faire son retour sur la scène politique, il ne s’est pas encore dégagé de tous les oripeaux de sa défaite à l’élection présidentielle, il n’a pas tranché la ligne politique qui devrait être la sienne et sa campagne, bâtie sur le populisme a été un échec. Enfin, Nicolas Sarkozy a acquis par ses anciennes fonctions de président de la République une stature plus importante que celle de pompier que lui conférerait un retour au sein de l’UMP.

Dominique Paillé

Conseiller Politique du Parti Radical, membre Fondeur de l’UMP

Pour la première fois depuis son accession à l'Elysée, il a mis son action en perspective. Il a essayé de fixer un cap, il a reporté l'analyse de ses résultats à 2017, c'est-à-dire à la fin de son quinquennat, dont acte.Mais globalement je pense que c'est un exercice réussi. Même si dire qu'il m'a convaincu sur tous les points serait mentir...Par rapport à ce qu'on a pu connaître ces dernières semaines et ces derniers mois, j'ai eu l'impression qu'il avait pris la mesure des problèmes, qu'il s'attaquait aux difficultés énormes auxquelles nous sommes confrontés avec beaucoup de volonté.L'avenir dira si les remèdes qu'il propose seront suffisants. Sur un certain nombre de points, je suis bien évidemment resté sur ma faim. Notamment sur les réformes structurelles, car, à part son engagement de campagne pour ce qui concerne les banques, il n'y a rien eu d'esquissé sur les réformes de fond qui sont pourtant nécessaires ;  Etat, collectivités locales, coût du travail - en dehors du rapport Gallois.

source Newsring